Mise en contexte

Les personnes ayant une incapacité sont au coeur de notre engagement. En effet, étant donné le phénomène de marginalisation encore largement répandu par rapport aux différences dans notre société et à l’isolement dont elles sont encore trop souvent victimes, nous nous sommes engagés à améliorer la participation sociale de ce groupe particulier. Nous sommes aussi engagés dans l’amélioration de l’intégration d’autres personnes désavantagées, néanmoins ce sont les personnes ayant une incapacité qui représentent la majorité des personnes filleules que nos organismes supportent. Nous allons donc rappeler en premier lieu les conditions de vie générales de ces personnes, avant d’expliciter comment le mouvement du parrainage civique est né pour améliorer ces conditions de vie et ensuite sa mission actuelle au Québec.

 

Le taux de scolarisation

Selon la COPHAN, «le Québec est la province où les attitudes sont les plus négatives face à l’intégration scolaire des élèves handicapés». Le niveau de scolarité est en général moins élevé chez les adultes avec incapacité que chez ceux sans incapacité. Environ 44 % des personnes de 15 à 64 ans avec incapacité ne détiennent pas de diplôme d’études secondaires, comparativement à 25 % chez les personnes sans incapacité. Ces différences s’observent tant chez les hommes que chez les femmes. Il reste encore beaucoup à faire pour améliorer les qualifications et la formation professionnelle.

 

Les taux d’emploi et de chômage

Il est clair que le principal défi que doit relever cette population est celui d’obtenir un emploi. En 2001, environ 35 % des personnes de 15 à 64 ans ayant une incapacité avaient un emploi, mais la proportion atteignait 70 % chez les personnes sans incapacité de cet âge. Près de 60 % des personnes ayant une incapacité faisaient partie de la population inactive, comparativement à 22 % des personnes sans incapacité. La proportion de personnes au chômage était semblable dans les deux populations. Pourtant, le travail tout comme la  scolarisation sont des sources importantes de socialisation, de valorisation et d’épanouissement dans notre société. Les statistiques d’emploi confirment que la présence d’une incapacité est encore une importante cause de discrimination, en effet, parmi les personnes de 15 à 64 ans ayant une incapacité qui avaient un emploi en 2001, environ 14 % estimaient qu’on leur avait refusé un emploi et 10 % disaient avoir subi une mise à pied en raison de leur état dans les cinq années précédant l’enquête.

 

Une étude souligne d’ailleurs qu’il arrive que des personnes ayant une incapacité soient tellement découragées par leur état de chômage permanent qu’elles se retirent  complètement du marché du travail. Ayant moins accès que la population sans incapacité au système d’éducation, les personnes ayant une incapacité subissent en conséquence davantage des situations de sous-emploi et de chômage.

 

Il y a aussi les obstacles organisationnels, soit les barrières dans la structure même du travail ou dans les services connexes au travail, qui engendrent des situations de handicap dans plusieurs domaines : le système économique, les facteurs physiques tels l’accessibilité (environnementale, architecturale et aux nouveaux moyens de communication), les moyens de transport, l’évaluation des exigences d’emploi, l’adaptation des postes et lieux de travail, etc.

 

 

Le taux de pauvreté

En 2001, environ 58 % des personnes de 15 à 64 ans ayant une incapacité vivant sous le seuil de faible revenu n’avaient pas de diplôme d’études secondaires, comparativement à 37 % de celles qui vivaient au-dessus du seuil de faible revenu. La scolarisation joue donc un rôle important dans la qualité de vie potentielle des personnes ayant une incapacité.

 

Bien entendu, les personnes ayant une incapacité qui travaillent sont moins susceptibles de vivre dans la pauvreté que celles qui ne travaillent pas. Plus de la moitié des personnes de 15 ans et plus avec incapacité (54 %) ont déclaré un revenu personnel inférieur à 15 000 $ pour l’année 2000, comparativement à 40 % des personnes sans incapacité. À l’opposé, plus du tiers de ces dernières (34 %) ont touché un revenu total d’au moins 30 000 $, comparativement à 18 % des personnes avec incapacité.

 

En conséquence, le fait d’avoir une incapacité au Québec, comme dans le reste du Canada, accroît la probabilité d’être pauvre. Et il ne s’agit pas seulement de la pauvreté matérielle; le type relationnel (l’isolement) est tout autant, sinon plus, dommageable pour l’épanouissement personnel.

 

 

Préjugés et discrimination

Selon une étude, 44 % des personnes ayant une incapacité hors du marché du travail ont fait état d’au moins un obstacle environnemental les empêchant de se chercher du travail. En particulier, de nombreux obstacles dans les valeurs et les attitudes des gens empêchent l’intégration des personnes ayant une incapacité, c’est-à-dire les préjugés et le manque d’ouverture d’esprit, en particulier chez les employeurs, ainsi que les nombreux mythes entourant l’incapacité dans notre société. Les préjugés sont un fléau parce qu’ils accentuent la solitude des personnes ayant une incapacité et entretiennent leurs craintes par rapport à l’attitude de l’entourage, rendant ainsi le cheminement vers l’autonomie encore plus difficile.