Portrait du programme
Ce programme d’entraide possède de nombreuses facettes. Bien que chaque organisme de parrainage civique possède des caractéristiques spécifiques, il adhère aux principes de base du mouvement, soit :
I - Un engagement régulier et à long terme...
Le parrainage correspond à un lien établi de façon soutenue et à long terme (minimum de un an). Il s’agit idéalement d’une relation authentique et aidante. Le parrain ou la marraine, en tant qu’ami-e et personne-accompagnatrice s’implique à son propre rythme. Il n’y a d’ailleurs pas de cadre systématique de fonctionnement à ce sujet. On respecte l’autonomie des personnes jumelées, qui personnalisent comme elles le veulent leur relation de jumelage. Dans le cas du parrainage civique, le lien est plus intensif, plus soutenu que pour d’autres formes d’engagement et se développe à long terme.
L’intervention peut répondre à plusieurs besoins, quelques uns plus exigeants, d’autres très simples. C’est pourquoi il est grandement souhaitable que la relation se vive à long terme, pour permettre aux personnes de créer un lien significatif, et donc d’avoir une continuité et une stabilité. La visée à long terme n’empêche pas la possibilité d’avoir des bénévoles qui s’impliquent ponctuellement (bénévole d’un jour, etc.) dans le but de sensibiliser plus largement aux besoins de l’organisme. Ces bénévoles accompagnent alors les personnes filleules en attente à des activités sociales ou culturelles.
II - En vue de favoriser une meilleure participation sociale de la personne filleule
L’intégration sociale est la «partie vitale» et la «ligne de conduite» du parrainage civique». Elle doit idéalement avoir lieu globalement et être accompagnée de l’acceptation de la personne filleule telle qu’elle est. Le rôle du parrain ou de la marraine peut varier afin de répondre aux différents besoins exprimés par la personne filleule, mais ne doit jamais être surprotecteur. Ainsi, le parrain ou la marraine peut améliorer la qualité de vie de son ou de sa fi lleul-e, développer son pouvoir de faire des choix ou de nouvelles habiletés, l’aider à participer à la vie en société par toutes sortes d’activités de loisirs, à se faire respecter dans ses droits, à se faire des amis, être pour cette personne quelqu’un capable de prendre sa défense lorsque le besoin s’en fait sentir, en résumé donner un plus grand pouvoir (empowerment) à la personne filleule dans la société.
Le parrainage est en effet un outil qui permet aux personnes parrainées de mieux franchir des étapes qu’elles ne pourraient pas franchir seules dans l’immédiat. Elles ont aussi besoin de faire des apprentissages au plan social et culturel. Le réseau de bénévoles (bénévolens, «voulant du bien»), permet donc d’améliorer à court et à long terme leur qualité de vie en leur procurant un milieu de soutien et d’accompagnement. Les bénévoles en viennent ensuite à côtoyer les proches et intervenant-e-s qui gravitent régulièrement autour de leur filleul-e : famille immédiate, administrateurs de l’aide sociale, éducateur ou éducatrice spécialisée, etc. À plus long terme, il arrive souvent que la personne fi lleule soit intégrée dans le réseau de vie intime du bénévole (réseau d’ami-e-s, famille, etc.). Il s’agit ainsi d’agrandir son réseau de connaissances. Par la relation de jumelage, le parrain ou la marraine doit aussi s’assurer en particulier que la personne filleule reçoit les services que tout citoyen est en droit de recevoir de sa communauté et qu’il peut participer activement, comme tout autre citoyen, à la vie en société. La personne bénévole est donc appelée à promouvoir les intérêts de la personne filleule, si nécessaire, que ce soit auprès des services sociaux ou même auprès de sa famille, mais sur une base égalitaire. La relation doit aussi pouvoir profiter du support de la communauté.
III - Une relation significative basée sur l’amitié et l’entraide
Le lien de parrainage civique existe de façon privilégiée entre les deux personnes qui ont des rapports personnels caractérisés par l’affection, l’amitié, sinon la fraternité et l’intérêt mutuel. Il s’agit idéalement d’une alliance exclusive caractérisée par la réciprocité et l’unité. En conséquence, le parrain ou la marraine n’a pas un mandat de réadaptation professionnelle. Il n’a aucune obligation de fi délité à une profession ou à un employeur quelconque. Son action se distingue grandement de celle des intervenant-e-s du réseau de la santé et des services sociaux. L’apport du bénévole se situe dans son application à devenir une personne significative, soutenante et valorisante pour la personne filleule, sur la base la plus spontanée possible. Il ou elle devient alors un aidant naturel. Seule une relation gratuite peut apporter ces avantages. Le parrain ou la marraine ne doit normalement jamais accepter d’argent de la part de la personne filleule ou de sa famille.
C’est pourquoi le parrainage civique constitue une ressource communautaire. Il s’agit d’une relation chaleureuse et positive très différente de la relation emphatique des professionel-le-s. Elle n’est pas contraignante pour la personne filleule et elle tient compte de la qualité de vie que mérite tout être humain quel qu’il soit.
IV - Un équilibre entre donner et recevoir
Comment se développe l’amitié ? Lorsque deux personnes ayant suffisamment d’affinités se rencontrent et sont prêtes à s’investir dans leur relation. C’est ce jumelage d’affinités qui est visé par l’intervention sociale du parrainage civique. Ce n’est que si la relation est bénéfique aux deux personnes jumelées que l’équilibre se fera entre donner et recevoir. Le lien doit se développer dans l’authenticité. Nous avons entendu les nombreux témoignages de nos parrains et marraines : lorsqu’on donne, on reçoit autant sinon plus en retour. C’est là où mènent l’altruisme, le dévouement et le don de soi. C’est là aussi où mène plus souvent qu’on pense la «connexion des différences».
Il est clair que le parrainage améliore la qualité de vie des deux personnes impliquées. C’est principalement dans la solution de problèmes quotidiens, l’accès aux services appropriés et de qualité que se développent les liens amicaux, si chacun s’engage volontairement dans une relation de personne à personne, d’égal à égal, selon les besoins mutuels et les intérêts, en vue de l’épanouissement de chacun. Le bénévole n’a aucun contrôle ni emprise sur la personne filleule. Il s’agit d’une relation de parrainage, non de charité.
V - Une relation encadrée par un organisme de parrainage civique
L’organisme de parrainage civique fera tout son possible pour que le parrain ou la marraine se sente supporté tout en demeurant indépendant vis-à-vis des services sociaux et de la famille de la personne filleule. Le personnel joue un rôle de premier plan dans la réussite des activités de jumelage, celui-ci reçoit les demandes de part et d’autre, évalue les besoins d’une personne, recrute, sélectionne et évalue les aptitudes des bénévoles, oriente et soutient ces derniers, effectue les jumelages, en fait le suivi et enfin forme l’ensemble des membres.

