Exemple d'application

L’exemple qui suit présente une utilisation du modèle afin d’illustrer comment l’action du parrainage civique, en agissant principalement sur les facteurs environnementaux, contribue à réduite, voire à éliminer les situations potentielles de handicap pour les personnes vivant avec une incapacité.

 

Jacinthe, une jeune femme énergique de 25 ans, a, en raison de sa trisomie 21, une malformation cardiaque, un système digestif qui lui cause quelques ennuis et porte des prothèses auditives afin de corriger une légère déficience auditive. Elle présente «une déficience intellectuelle», ce qui signifie qu’elle a des incapacités reliées aux activités intellectuelles, au langage, ainsi qu’à certaines activités de motricité globale.

 

Elle travaille à temps partiel comme assistante-commis dans une fruiterie de son quartier. Elle est très active au sein du Mouvement des Personnes d’Abord. Toutefois, elle aimerait pouvoir fréquenter le centre sportif et participer à des cours d’aérobie, comme ses collègues de travail. Mais l’accès à ces activités lui est impossible présentement, car les responsables du centre sportif démontrent peu d’ouverture de peur «d’incommoder» les clients et craignent aussi que cette activité soit dangereuse en raison de sa condition cardiaque.

 

Jacinthe est, depuis quelques années, jumelée à une marraine civique. En discutant de ses besoins et de ses sujets de prédilection avec sa marraine et la responsable du jumelage de l’organisme de parrainage civique, toutes trois conviennent qu’il serait intéressant d’entreprendre une démarche auprès du centre sportif afin que leur activité hebdomadaire de jumelage se déroule dans le cadre d’un cours d’aérobie. Cela permettrait à Jacinthe d’être intégrée progressivement aux activités, tout en étant soutenue par une personne de confiance. Ce soutien aiderait aussi le centre sportif à apprivoiser la «différence» et à travailler sur les attitudes et les valeurs de son personnel afin de permettre à d’autres personnes ayant une incapacité de fréquenter le centre et assurer ainsi une pleine participation des personnes vivant avec une incapacité. Dans ce contexte, l’action du parrainage civique est considérée comme un «facilitateur», c’est-à-dire un facteur environnemental qui favorise la réalisation des habitudes de vie lorsqu’il entre en interaction avec les facteurs personnels. Ce facilitateur contribuant à la réalisation de l’habitude de vie de Jacinthe qui est de fréquenter le même centre sportif que ses collègues de travail. L’habitude de vie réfère, quant à elle, à une activité de la vie courante ou un rôle social valorisé par la personne (…) selon ses caractéristiques (l’âge, le sexe, l’identité socioculturelle, etc.). Elle assure la survie et l’épanouissement d’une personne dans sa société tout au long de son existence.

 

Soulignons également que son médecin traitant a confirmé que la malformation cardiaque ne représente pas une contre-indication aux activités aérobies et qu’elles seraient même bénéfiques pour sa condition physique générale. Cette recommandation du médecin sera transmise lors des démarches de sensibilisation effectuées auprès du centre sportif.