Projet de loi 21
Voici deux articles parus dans le Courrier parlementaire au sujet des discussions sur le projet de loi 21.
Projet de loi 21 : Code des professions et santé mentale
Les psychologues doivent pouvoir diagnostiquer les enfants atteints d'autisme
Le Courrier parlementaire© du mardi 9 juin 2009
Mort au feuilleton en novembre 2008, le projet de loi modifiant le Code des professions dans le domaine de la santé mentale, avait connu un accueil plutôt mitigé, il y a de ça plus d'un an et demi maintenant. Il a été présenté à nouveau par la ministre Kathleen Weil, le 24 mars dernier.
Des consultations particulières ont lieu cette semaine sur ce projet de loi 21, qui redéfinit des champs d'exercice pour la profession de psychologue, de travailleur social, de thérapeute conjugal et familial, de conseiller d'orientation et de psychoéducateur et qui procède à un encadrement plus rigoureux de la pratique de la psychothérapie. Notons qu'il s'agit d'un texte qui reprend la presque totalité des éléments contenus dans le précédent projet de loi, alors parrainé par Jacques Dupuis.
Comme ils l'avaient fait à l'époque, les représentants du Réseau d'action autisme/TED viendront une fois de plus demander que Québec revoie son texte pour permettre aux psychologues de diagnostiquer les enfants atteints d'autisme, de manière à diminuer le temps d'attente de ces jeunes et leur famille avant le début des traitements.
Actuellement, explique la coprésidente de l'organisme, Diane Guerrera, l'évaluation des enfants qui présentent des retards de développement est effectuée par un psychologue, mais le diagnostic en tant que tel doit être posé par un médecin spécialiste, généralement un psychiatre.
«Après l'évaluation, on doit attendre de six mois à un an pour avoir le diagnostic. Une fois le diagnostic donné, les jeunes doivent attendre de 18 à 24 mois avant d'avoir un traitement et une thérapie», a-t-elle précisé au Courrier parlementaire©. Il faut comprendre, de renchérir Mme Guerrera, que les enfants autistes doivent être identifiés le plus tôt possible, pour que les traitements obtiennent de bons résultats.
Traitements non pharmacologiques
Cette position sera également défendue par la députée péquiste Danielle Doyer, qui précise qu'il n'est pas question ici de revendiquer que les psychologues puissent prescrire des traitements pharmacologiques. On doit leur permettre de faire les évaluations, a-t-elle indiqué au Courrier parlementaire©, ce qu'ils font déjà, de poser les diagnostics et de pouvoir prescrire, ultimement, un traitement non pharmacologique pour un enfant qui n'est pas encore admissible à l'éducation préscolaire et qui présente des indices de retard de développement.
«Plus de 600 familles de jeunes enfants sont actuellement sur une liste d'attente pour l'obtention d'un diagnostic, juste à Montréal, une attente qui va jusqu'à une année entière dans certains cas», insiste-t-elle. De plus, plaide la porte-parole de l'opposition officielle en matière de services sociaux, les psychologues de toutes les autres juridictions de l'Amérique du Nord ont le droit de diagnostiquer des enfants souffrant de troubles envahissants du développement.
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Projet de loi 21 : Code des professions et santé mentale
Les psychologues endossent le projet de loi
Le Courrier parlementaire© du mardi 9 juin 2009
Le projet de loi 21, qui modifie le Code des professions dans le domaine de la santé mentale, convient parfaitement à la présidente de l'Ordre des psychologues, Rose-Marie Charest. Selon elle, il faut saluer le travail qui a été fait pour en arriver là, un travail rigoureux, que les psychologues «endossent totalement».
Actuellement, a-t-elle expliqué au Courrier parlementaire©, n'importe qui peut se proclamer psychothérapeute, une situation à laquelle le projet de loi a voulu s'attaquer. «On a voulu faire en sorte de pouvoir s'assurer que la personne qui va en psychothérapie va pouvoir compter sur son psychothérapeute, qui va lui-même être encadré par un ordre professionnel».
Elle précise qu'il y a, en ce moment, des infirmières, des travailleurs sociaux, des conseillers en orientation, des psychoéducateurs ou des ergothérapeutes qui pratiquent la psychothérapie, qui pourront dorénavant être reconnus comme tel, grâce à l'obtention d'un permis de l'Ordre des psychologues.
Troubles envahissants du développement
Aussi, même si elle appuie la démarche du Réseau d'action autisme/TED, qui demande une modification au texte pour que les psychologues puissent poser officiellement un diagnostic auprès des enfants atteints de troubles envahissants du développement(TED), la présidente de l'Ordre ne croit pas qu'il faille retarder l'adoption du projet de loi à cause de cet aspect.
Elle indique que la voie législative n'est peut-être pas la bonne pour remédier à cette situation. «On veut nous aussi que ce soit plus rapide pour les enfants, mais on pense que la consigne doit être changée ailleurs, et non pas dans la loi, ce n'est pas là que ça va se résoudre», insiste-t-elle. Aux dires de Mme Charest, toute cette question ne dépend pas du système professionnel, mais se situe plutôt du côté administratif.
Elle précise toutefois qu'un diagnostic de TED ne peut être posé par un psychologue seul, mais doit être fait de manière interdisciplinaire. «Les médecins ont besoin des psychologues, les psychologues ont besoin des médecins». Elle tient d'ailleurs à rassurer les psychiatres à cet égard, puisque les psychologues ne souhaitent pas du tout faire ce diagnostic seul, sans une évaluation médicale.
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